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Tabac, les additifs en accusation

 
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Marilyb
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MessagePosté le: Jeu 1 Aoû 2013, 18:06    Sujet du message: Tabac, les additifs en accusation Répondre en citant

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Tabac, les additifs en accusation
Créé le 01-08-2013 à 11h34 - Mis à jour à 12h38

Par Rachel Mulot
Sciences et Avenir


Voici comment l'industrie du tabac a sciemment minoré les effets délétères du menthol et du sucre ajoutés au tabac.
Mots-clés : additif, tabac, cigarette, toxicité, sucres, FDA, industrie du tabac, cigarette mentholée, menthol, cigarettes mentholées




Aux Etats-Unis, environ 30 % des fumeurs adultes et plus de 40 % des jeunes fumeurs déclarent consommer des cigarettes au menthol. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
CONSULTATION. Vous l'avez lu récemment sur le site de Sciences et Avenir : la Food and Drug Administration ("FDA", l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamentaux) vient de lancer une consultation publique pour évaluer les risques de la cigarette mentholée. 
Or les additifs ajoutés au tabac - et pas seulement le menthol - sont depuis longtemps dans la ligne de mire des spécialistes de la santé. Dans son édition de juin 2012, Sciences et Avenir (n° 784) publiait une enquête sur ces substances chimiques qui augmentent la toxicité des cigarettes, comme le rappelle Carole Chatelain, la rédactrice en chef du mensuel, dans la vidéo Instagram visible ci-dessous.
Nous vous proposons de retrouvez ci-dessous l'article initialement publié en juin 2012
 
RÉVÉLATIONS. « L’industrie du tabac a – encore – menti ! » Stanton Glantz, professeur de médecine à l’université de Californie (États-Unis) oscille entre lassitude et indignation. Connu pour avoir mis au jour plusieurs manœuvres des cigarettiers depuis les années 1990, ce chercheur du Center for Tobacco Control Research and Education de San Francisco a publié en 2012 avec trois collègues américains et suisse une nouvelle étude à charge dans la revue PLoS Medicine (1).
Avec deux révélations chocs concernant les additifs, ces substances dont les industriels truffent le tabac depuis les années 1970 et qui constitueraient jusqu’à 10 % de son poids : ils augmentent nettement la toxicité de la fumée, déjà riche en substances délétères pour la santé. Et ces risques sont connus depuis plus de dix ans par les industriels qui les ont masqués en produisant des recherches biaisées.
Les additifs augmentent le nombre de particules fines respirées, dangereuses pour la santé
Pour parvenir à ces conclusions, Stanton Glantz et sa collègue Marcia Wertz ont tout simplement disséqué les études publiées par deux grands fabricants américains, Philip Morris et British American Tobacco (BAT). Ils ont aussi – et surtout – patiemment compulsé les innombrables documents confidentiels que ces groupes ont été contraints de rendre publics ces dernières années sur décision de justice.
En effet, à la suite du retentissant procès de 47 États américains contre les industriels de la cigarette en 1998, des millions de documents ont été confiés à l’université de Californie de San Francisco qui, depuis, les met en ligne petit à petit. 79 millions de pages ont déjà été numérisées !
"PROJET MIX". C’est ainsi que les chercheurs californiens ont découvert que Philip Morris avait racheté il y a trente ans un laboratoire situé à Cologne (Allemagne), Inbifo, qui a conduit, à la fin des années 1990, un programme de recherche dédié à la toxicité des saveurs ajoutées. Le projet MIX – c’est son nom – a étudié 333 additifs selon plusieurs combinaisons. Ces travaux ont donné lieu à de multiples rapports confidentiels internes mais aussi à la publication officielle en 2002 de quatre articles dans la revue Food and Chemical Toxicology.
Tous concluaient qu’aucune preuve de toxicité importante attribuable aux additifs ne pouvait être établie. Mais en y regardant de plus près, Stanton Glantz et Marcia Wertz ont établi que Philip Morris avait en fait noté de réelles différences dans ses analyses entre les cigarettes avec ou sans additifs et avait alors sciemment changé de protocole et de système de présentation des données pour « maquiller » les résultats.
En refaisant les calculs et en mesurant eux-mêmes la quantité totale de toxiques produits par cigarette, Stanton Glantz et son équipe ont montré que les additifs induisent en réalité une augmentation de plus de 20 % de 15 produits cancérogènes ou cytotoxiques – c’est-à-dire altérant les cellules – comme l’arsenic, le cadmium, le plomb ou le formaldéhyde !
IRRITATION. « Leur ajout augmente le nombre de particules fines respirées, ce qui est délétère pour la santé puisque celles-ci favorisent les risques d’inflammations des voies respiratoires », expliquent les chercheurs. Ce qui est particulièrement inquiétant si l’on songe que la plupart des additifs masquent opportunément l’irritation de la fumée, incitant le fumeur à inhaler plus profondément.
L'industrie du tabac a sciemment minorité les résultats de toxicité des additifs
L’équipe de Stanton Glantz a également mis en évidence que les études de toxicologie animale présentées par les industriels sont faussement rassurantes. « Les échantillons utilisés sont ridiculement faibles, déplore Marcia Wertz. Il est impossible d’en déduire le moindre changement statistique. » Dès lors, comment expliquer que Food and Chemical Toxicology ait publié des travaux aussi peu scientifiques ?
La réponse se trouvait dans la masse des documents internes compulsés. Les chercheurs ont découvert que l’éditeur de la revue n’était autre… qu’un conseiller scientifique de Philip Morris et que 11 membres de son comité éditorial avaient des liens financiers avec la firme.
"BALIVERNE TECHNIQUE". Dans un courriel interne de 2001, Edward Carmines, responsable du projet MIX, s’en explique sans détour : « Nous sommes allés vers un journal dont le rédacteur en chef nous connaissait. Les commentaires sont une baliverne technique », écrit-il. « Ces manipulations donnent juste envie de regarder les travaux de tous les autres industriels de plus près », souligne Marcia Wertz qui ne croit pas que Philip Morris fasse figure d’exception. Selon les chercheurs californiens, British American Tobacco a lui aussi minimisé, dans des études similaires, la toxicité de la fumée de ses cigarettes.
« Ce que montre le travail de Stanton Glantz, c’est que l’industrie n’a pas changé de méthode », soutient l’historienne des sciences américaine Naomi Oreskes, auteure des Marchands de doute. Cette industrie n’a-t-elle pas déjà prétendu par le passé que la nicotine n’est pas une substance addictive, que le tabagisme passif n’est pas dangereux et que fumer ne provoque pas de cancers ?
Le menthol et le sucre, sans doute les additifs qu'il faudrait supprimer en priorité
S’il fallait éliminer deux additifs en priorité, Stanton Glantz choisirait sans hésiter « le menthol et le sucre ». Le premier jouerait en effet un rôle dans la dépendance et l’addiction par un effet anesthésiant
sur les voies aériennes. « Il réduit l’âcreté et favorise l’inhalation plus profonde de la fumée », explique ainsi Paul Wise, chercheur au Monell Chemical Senses Center de Philadelphie (Etats-Unis).
'DISTAUX". Les fumeurs, à la recherche du subtil goût mentholé, ont tendance à aspirer plus fort, les particules et les éléments chimiques pénétrant plus profondément dans les poumons et favorisant l’apparition de cancers « distaux » – c’est-à-dire des petites bronches et des alvéoles – qui sont aussi les plus difficiles à traiter.
« De plus, le menthol favorise l’absorption de la nicotine au niveau de la bouche et du larynx par l’augmentation de la perméabilité des muqueuses et par la stimulation de la production de salive, et au niveau pulmonaire par un effet bronchodilatateur », explique Semira Gonseth, spécialiste des additifs à l’université de Lausanne. « Il produit aussi plus de particules fines dans la fumée, ce qui augmente le risque cardiaque », renchérit Stacey Anderson, de l’université de Californie. Enfin, « le menthol agit en synergie avec le système nerveux central, poursuit Semira Gonseth, ce qui permet de diminuer le contenu en nicotine sans modifier le pouvoir “addictogène” du tabac. » Pour cette raison, il a été ajouté en grandes quantités dans les cigarettes appelées anciennement « légères » qui nécessitent de mentionner des taux bas de nicotine sur le paquet.
"Sans sucre, la nicotine ne rendrait pas accro"
Les sucres, eux, déjà naturellement présents dans les feuilles, sont artificiellement ajoutés pour masquer l’âpreté du tabac et le mauvais goût de la fumée. Ils ont pourtant le fâcheux inconvénient de produire des produits chimiques dits aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde…). Or, des études menées sur les rats dans les années 1980 montrent que l’acétaldéhyde et la nicotine agissent en synergie en potentialisant la dépendance à la nicotine.
CIGARETTE SUCRÉE. Par ailleurs, en 2009, une étude a montré que le sucre dégage des inhibiteurs de monoamine-oxydases, d’autres molécules « potentialisatrices ». Ce qui fait dire à Jean-Pol Tassin, qui étudie les mécanismes de l’addiction au Collège de France, que, sans sucre, la nicotine ne rendrait pas accro ! Est-ce un hasard si les marques de cigarettes les plus sucrées, comme Marlboro, sont aussi les plus populaires ?
Une enquête du magazine 60 Millions de consommateurs (2), menée avec le Comité national contre le tabagisme (CNCT), a montré que les industriels abusent de cet ingrédient qui constituerait 10 % de certains tabacs à rouler, 37 % de certains tabacs à narguilé. Dans ce domaine, « la réglementation française est insuffisante », estime Emmanuelle Beguinot, directrice du CNCT.
Un décret de 2009 interdit bien l’ajout d’édulcorant, mais uniquement au papier entourant le filtre des cigarettes dites aromatisées. Elle limite l’arôme de vanille à 0,05 % de la masse du tabac sans réglementer les multiples autres parfums, en particulier la réglisse et le cacao dont les principes actifs dilatent pourtant les bronches. Le tabac ne doit être « ni un dessert ni une confiserie », souligne Emmanuelle Beguinot, qui plaide pour l’établissement d’une liste limitant strictement le nombre d’ingrédients autorisés.
DURCISSEMENT. Stanton Glantz appelle lui aussi à un durcissement de la loi : « Il suffirait de reprendre les données des industriels et de les interpréter correctement… Il y a là toutes les preuves pour que les autorités de régulation du monde entier, y compris la Food and Drug Administration américaine ou l’Efsa européenne, interdisent l’utilisation de centaines d’additifs », argue-t-il. Ses révélations accéléreront-elles la mise en place de réglementions prévue par la Convention cadre pour la lutte antitabac de l’Organisation mondiale de la santé  – ratifiée par 174 pays, dont tous les États européens sauf la République tchèque et la Suisse ?
Les lignes en tout cas commencent à bouger. Les États-Unis ont ainsi commencé à bannir depuis 2009 certains arômes de vanille, chocolat, réglisse. Et dans un rapport de 2011, un comité de conseil de la FDA a réclamé le retrait du marché américain des cigarettes mentholées.
L'exemple brésilien
En attendant, c’est du Brésil que vient le virage le plus spectaculaire. En mars 2012, l’Agence nationale de surveillance sanitaire a décidé le retrait de toutes les cigarettes et tabacs aromatisés du marché brésilien d’ici à deux ans. Elle a aussi interdit l’utilisation de certaines substances susceptibles de potentialiser l’action de la nicotine, tels la théobromine (dans le cacao), la gamma-valérolactone (qui donne un arôme d’herbe) et l’ammoniac… Ce dernier augmenterait l’absorption de la nicotine, qui est inhibée en milieu acide.
PANIQUE. Plus fort encore : les industriels ne pourront plus ajouter de sucre, sauf en petites quantités pour compenser la perte du sucre naturel lors du séchage de la plante. Un coup de tonnerre qui a, bien sûr, fait vivement réagir les fabricants, paniqués à l’idée que le Brésil puisse faire école.
« Aucune réglementation ne devrait priver les fumeurs adultes de la possibilité d’acheter des produits qu’ils trouvent attrayants, s’insurge ainsi Iro Antonionou, porte-parole de Philip Morris International. La stratégie qui vise à amoindrir les saveurs ignore les études qui tendent à prouver que cette interdiction ne permettrait pas pour autant d’enrayer le tabagisme. » Et les industriels d’avancer pour preuve que les fumeurs sont tout aussi nombreux dans les pays du Commonwealth qui privilégient le tabac Virginia, quasiment sans additif.
« La manière dont les différents composants, dont les additifs, agissent sur le développement des maladies liées au tabagisme est si mal connue qu’il est impossible de prédire avec exactitude l’impact que pourrait avoir la réduction ou l’élimination sélective d’une ou plusieurs substances sur le risque tabagique », rappellent-ils.
REPOUSSOIR. Un raisonnement fallacieux selon Clives Bates, de l’ONG londonienne Action on Smoking and Health (ASH) et Greg Connolly, du programme de contrôle du tabac du Massachusetts, auteurs d’une somme sur l’ingénierie de la cigarette et la dépendance à la nicotine. « Bien qu’il ne soit pas possible de fabriquer des cigarettes qui ne présentent pas de danger, il est parfaitement raisonnable de chercher à empêcher les fabricants de mettre en œuvre des stratégies qui conduisent à augmenter les dégâts causés par le tabac. » Une proposition, actuellement à l’étude au niveau européen, serait d’obliger les industriels à faire figurer sur les paquets, obligatoirement neutres et standardisés, la liste de la majorité – sinon de la totalité – des ingrédients. Effet repoussoir garanti !
Rachel Mulot, Sciences et Avenir, juin 2012, mis à jour le 1/08/13


http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/sante/20130801.OBS1853/tabac-les-addi…
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MessagePosté le: Jeu 1 Aoû 2013, 18:06    Sujet du message: Publicité

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Dana



Inscrit le: 03 Jan 2010
Messages: 8 777

MessagePosté le: Ven 2 Aoû 2013, 08:53    Sujet du message: Tabac, les additifs en accusation Répondre en citant

Shocked C'est terrible comme l'industrie nous prend pour des c..... 
Vraiment difficile de ne pas s'énerver Evil or Very Mad
_________________
Fais ce que tu aimes ! Et fais le souvent ! Une recette simple pour se tenir en joie.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:10    Sujet du message: Tabac, les additifs en accusation

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